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Thérapeute des lieux ?

Lorsque je suis arrivée dans cette maison, c’était en début d’année 2009. Mon futur mari la rénovait avec un associé et je n’avais absolument aucune idée de ce à quoi elle ressemblait.

Quand je suis arrivée devant elle, j’ai vu une vieille bâtisse qui avait souffert du temps, coincée entre une voie ferrée et une usine. Je me suis tout de suite dit que jamais je n’aurais choisi un lieu de vie pareil pour moi. Mais cet homme avec qui j’allais faire du chemin, lui, il était engagé dedans.

Je me souviens. Quand je suis rentrée dans le futur salon au rez-de-chaussée, j’ai eu cette sensation lourde et pénible que je m’enfonçais dans le sol jusqu’aux genoux. J’avais les jambes sciées et je me suis sentie affaiblie au point où je me suis affalée sur les plaques de placo dans la future cuisine à côté. J’étais claquée.

Sans compter qu’une fois affalée sur le placo, je me suis retrouvée en plein dans un couloir invisible où circulait un air agité de chaque côté. Et là, j’ai dit à mon homme : <<Si ça doit rester comme çà, jamais je ne pourrais vivre ici ou pas longtemps, c’est certain !>>.

Cette maison qu’il rénovait a connu la seconde guerre mondiale et les bombardements. Elle a connu la résistance aussi et l’a sûrement abritée. En faisant des recherches, je me suis aperçue qu’elle était vraiment reliée à l’histoire familiale de mon mari et qu’ils possédaient tous les deux la même énergie de combat. Mais que venais-je faire là-dedans ? Je n’avais qu’une envie, celle de partir.

Dans tous ces ressentis, j’étais plutôt surprise car ce n’était pas vraiment mon champ d’intervention. Pourtant, j’ai vite compris que cette maison avait une âme et qu’elle pouvait aussi avoir besoin de soins comme pour un être humain. J’ai vite su que je pouvais faire quelque chose pour elle mais quoi ?

Puis, pendant neuf ans, j’ai aidé mon mari à faire les travaux qui n’en finissaient jamais et où tout devenait compliqué. Je me suis épuisée dans une direction qui n’était pas la mienne en plus de mon activité d’entrepreneure que je développais en parallèle.

Pendant neuf ans, je ne me suis pas installée. J’étais en permanence projetée ailleurs, dans un endroit de vie où je me sentirais mieux.

Pendant neuf ans, j’ai vécu progressivement l’arrêt total de mon activité, avec une sensitivité en dents de scie et je ne comprenais pas. Je luttais en permanence pour ne pas sombrer, jusqu’au jour où.

Ce jour est arrivé il y a peu de temps, comme un voile qui s’est déchiré devant mes yeux. C’est souvent comme çà que ça se passe d’ailleurs. C’est violent mais salvateur. J’ai compris que je m’étais engagée à soigner cette maison mais je ne l’avais pas fait. J’avais bien essayé en commençant à me former en Feng-Shui mais j’avais dû arrêter la formation faute de moyens pour la payer. La maison me faisait comprendre que ce n’était pas cette voie-là mais je ne l’avais pas entendu de cette façon. Je me disais que c’était une fois de plus une voie sans issue que d’essayer de faire quelque chose ici.

Quand le voile s’est déchiré, j’ai retrouvé mon engagement à prendre soin de cet endroit mais surtout mon envie de le faire. J’ai vu aussi que ce que j’avais mis en place avec le Feng-Shui n’avait servi à rien si ce n’est à ne pas me sentir chez moi, juste pour respecter des directions plus favorables que d’autres.

Et je me suis aussi rappelée que ma maman avait aussi dégagé des maisons de certaines choses. Je lui avais dit que jamais je ne ferais ces trucs-là parce que j’avais peur. Pourtant, depuis le déchirement de ce voile, je comprends que mon activité de médium s’élargit et que l’ « on » me forme à autre chose : <<Si tu peux aider une personne, tu peux aussi aider un lieu>>

J’ai fait de la résistance pendant neuf ans ou peut-être que j’ai cru en faire alors que, tout simplement, j’étais en train de me préparer à passer à autre chose. Pour cela, il fallait d’abord que j’accepte pleinement de prononcer le mot « médiumnité » sans crainte ni dégoût.

Il fallait aussi que j’entende l’année dernière que j’avais envie de passer à autre chose et notamment, de ne plus faire de l’accompagnement comme je le faisais jusque là. Cette forme m’épuisait. Peut-être que l’humain peut aussi retrouver un équilibre et du mieux-être tout simplement en étant dans un environnement sain. Et que maintenant, j’ai à m’occuper aussi des lieux de vie.

J’ai donc regardé à nouveau cette maison autrement et j’ai repris le dialogue avec elle pour que l’on travaille ensemble, main dans la main, afin que je capte les signaux et les messages qu’elle aura besoin de me transmettre pour l’apaiser.

A bientôt pour vous écrire la suite de cette nouvelle voie.

crédit photo pixabay.com

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