Être

Revenir à ses engagements

L’engagement ne signifie plus grand-chose de nos jours. Pourtant, c’est une équation importante qui va donner un vrai sens à notre vie.

Dans ce qui meurt en ce moment, je suis ramenée à mes engagements. Dans tout ce qui s’épure je vois l’essentiel, ce que j’ai laissé en plan il y a 9 ans quand je suis arrivée ici, en Bourgogne.

Avant de venir m’installer dans cette région, je vivais à Niort, une jolie petite ville des Deux-Sèvres où j’ai rencontré ma voie spirituelle, le bouddhisme. Cette voie, je la connaissais sans la connaître. En effet, lorsque j’ai dû m’engager vers moi dans un travail de fond en 1999, j’ai commencé sans le savoir, à en pratiquer les enseignements. C’est pourquoi, lorsque la forme est apparue en 2001, je ne me suis pas sentie perdue. J’étais en Terre connue. Il est dit dans les enseignements que lorsque vous avez déjà eu une connexion avec les Maîtres dans une vie, vous la retrouverez dans une autre vie. J’en ai fait l’expérience.

Mon engagement sur le chemin de l’épanouissement et de la connaissance intérieure a donc commencé en 1999 et s’est poursuivi jusqu’en 2009, date à laquelle j’ai déménagé pour arriver en Bourgogne. Dans cette région, ce qui a été le plus difficile c’est la sensation d’isolement que j’ai ressentie. J’avais tout quitté notamment mes amis bouddhistes où la joie et l’enthousiasme étaient présents. Nous traversions les bons et les moins bons moments ensemble. Nous partions écouter les enseignements dans un état d’esprit de franche camaraderie. Nous partagions de bonnes parties de rigolades et lorsque l’un ou l’une de nous était bousculé(e) nous en parlions sans détour pour aider à digérer les choses. Nous ne nous planquions pas derrière des excuses parce que dans le bouddhisme c’est impossible.

Je pratiquais la méditation chez moi et en groupe. Non pas une méditation de confort comme ça peut être la mode un peu partout. Méditer est loin d’être toujours confortable que ce soit pour le corps ou l’esprit. Et lorsque ça arrive, on profite du moment présent sans savoir que le prochain moment sera peut-être plus confrontant. C’est dans cette pratique quotidienne que j’ai appris à lâcher prise régulièrement et à ne plus mettre le mental en premier plan.

Je n’ai pas choisi d’être bouddhiste. C’est venu comme çà. Cela a touché quelque chose au fond de moi qui savait que c’était là que j’avais à être et pas ailleurs. Catholique de par mon éducation parentale, je sentais que ça n’avait plus de sens pour moi. J’ai donc choisi mon baptême lorsque j’ai pris refuge dans les Trois Joyaux.

Je n’ai pas pris la direction d’une nouvelle religion parce que je n’en voulais pas et encore moins d’un dogme. Dans le bouddhisme, j’ai trouvé cette liberté d’être où la culpabilité est absente, où la confiance se renforce naturellement en cours de pratique, où la clarté émerge au coeur de l’observation des émotions. C’est un chemin de sens et tant que ça ne faisait pas sens pour moi, je ne prenais rien, je ne faisais rien et on me laissait expérimenter par moi-même, à mon rythme. C’est un chemin constitué de multiples voies qui correspondent à la multiplicité des êtres. C’est un chemin confrontant qui vous dépouille de tout ce que l’ego peut mettre en avant pour s’assurer une existence. C’est là où j’ai vraiment compris le sens de la liberté intérieure, de la joie et de l’amour.

Lorsque je suis arrivée en Bourgogne, je n’ai pas trouvé de groupe comme celui où je pratiquais. Si je veux continuer dans cette voie, je dois faire 3 heures de route pour écouter un enseignement ou faire une retraite d’une semaine. Sur le coup, cela a été très difficile à accepter. Aujourd’hui, je me dis que c’est ce qui est à faire pour continuer le chemin.

Parce que, ce chemin, on m’y ramène. J’ai réinstallé un autel pour pratiquer et je reviens à certaines priorités. Pendant toutes ces années passées en Bourgogne, j’ai mis tout cela de côté et j’ai perdu le sens. Je me suis retrouvée à nouveau noyée dans le tourbillon d’un système où je me suis débattue pour tenir la tête hors de l’eau. Heureusement, même si formellement je n’étais plus dans ma pratique spirituelle, dans le fond c’était toujours là. Et c’est ce fond qui me ramène à la forme.

Mon deuxième engagement a été envers cette maison lorsque j’y suis entrée. J’ai ressenti son besoin de soin mais je ne savais pas comment faire. Je me suis engagée vis-à-vis d’elle pour cela et je l’ai laissée en plan à cause d’un tas de choses plus compliquées les unes que les autres reliées à mon conjoint et à son rapport de force avec elle. Cette maison n’a pas besoin de force, elle demande de la douceur, de la patience et de l’apaisement. Je suis donc revenue vers elle depuis le début de cette année pour cela. Elle aussi m’a rappelée mon engagement à sa façon. Je ne suis pas là pour m’en débarrasser. J’ai un travail à faire avec elle et tant qu’il ne sera pas fait, j’y resterai. Nous ne sommes jamais par hasard dans une situation ou face à certaines personnes. Tout vient nous apprendre quelque chose.

L’engagement donne du sens à la vie.

Souvent, nous nous engageons vers les autres ou l’autre avec qui l’on vit alors que nous ne sommes même pas engagé(e)s envers nous-même. Nous ne nous connaissons pas et nous ne voulons pas nous rencontrer vraiment parce que l’on a peur de déranger ce ronronnement quotidien dans lequel nous fonctionnons. Pourtant, nous savons au fond de nous qu’il ne nous convient pas forcément mais tant qu’il est supportable, nous continuons à l’alimenter. Nous bidouillons avec, par peur de perdre quelque chose.

Mais qu’allez-vous perdre finalement ? Si ce n’est un ego qui vous fait faire n’importe quoi et rencontrer n’importe qui, tout simplement parce que vous ne le remettez pas en question.

Avez-vous autant besoin de tout ce plein autour de vous ? Est-ce si utile ? Pouvez-vous faire avec moins sans avoir peur du vide ? De quoi allez-vous manquer ? Et pourquoi cette peur du manque ? Qu’est-ce qui est vide en vous qui a autant besoin de se remplir ?

Dans cette situation inconfortable que vous vivez, quels sont les points positifs ? Sur quoi pouvez-vous vous appuyer ? Quelles sont réellement les conditions qui vous environnent ? Sont-elles toutes si mauvaises ou, au contraire, participent-elles à votre bien-être d’une certaine façon ? Regardez tout dans le moindre détail, posez-vous et respirez. Prenez ce temps et observez votre vie comme jamais vous ne l’avez fait jusque-là. Où êtes-vous engagé(e) ?

Où êtes-vous engagé(e) ?

Vers qui ? Vous ? L’autre ? Vos enfants ? Votre famille ? Votre boulot ?

Où êtes-vous dans tout cela ?

Sortez les mouchoirs si nécessaire parce que ce vide que vous redoutez tant en remplissant votre vie de multiples activités et relations extérieures, vous allez peut-être le sentir et le rencontrer. Il n’est pas là pour vous faire peur. Il est là pour vous montrer à quel point vous ne vous occupez pas de vous. Il est là pour vous montrer à quel point vous orientez votre amour ou/et votre respect dans la mauvaise direction. Il est là pour vous dire que ce n’est pas votre job qui est important, ni vos enfants, ni votre conjoint, ni vos partenaires en affaire, ni l’argent après lequel vous courrez.

Ce vide est là pour vous dire, vous crier que le sens que vous voulez mettre dans votre vie ne viendra jamais de l’extérieur tant que vous fuirez en permanence l’intérieur dans tout ce chaos d’agitation permanent. Et votre corps vous le rappellera tout le temps tant que vous n’écouterez pas.

A très bientôt et belle journée à vous,