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Remettre l’humain au centre

 

Je reviens d’une semaine de ressourcement. Une semaine passée entre terre et océan tout près de Royan et qui m’a permis de finaliser le temps que j’avais pris pour moi après 21 jours de retraite-méditation.

Lorsque je naviguais dans le monde du business sur le web, j’entendais ou lisais souvent ces mots : »Remettre l’humain au centre ». Ces mots étaient souvent employés en parlant de l’entreprise et des conditions de travail. Il est vrai qu’il y a un réel changement à amorcer dans ce sens.

Pourtant, il y a deux jours, j’ai vu que pour remettre l’humain au centre de l’entreprise ou du monde du travail nécessite tout d’abord de le remettre au centre de soi. Tout simplement parce qu’il y a deux jours, j’ai assisté à un accident de voiture où deux voitures se sont percutées de plein fouet. Nous arrivions en face ma fille et moi et à quelques secondes près, nous aurions pu faire partie des blessés. Et Dieu merci, ce ne fut pas le cas.

J’ai aussi été touchée de plein fouet par cette vision cauchemardesque de deux voitures pulvérisées, des débris qui jonchaient le sol de partout et surtout de ces personnes qui, en une seconde, ont vu leur vie basculer. J’ai cru que les trois personnes qui se sont écrasées dans le fossé devant nous allaient mourir tellement le choc a été violent.

Nous nous sommes arrêtées pour leur porter secours, notamment auprès d’une petite jeune fille de 19 ans qui souffrait beaucoup de l’abdomen. Elle est sortie précipitamment du véhicule et je l’ai reçue dans mes bras où elle s’est écroulée et où je l’ai réconfortée pendant tout le temps où l’on attendait les pompiers et la gendarmerie.

Ce qui m’a sidérée, c’est le manque de considération de cet instant grave où des vies humaines sont en jeu.

J’ai vu des automobilistes klaxonner parce qu’ils voulaient passer. Ils vociféraient dans leur voiture parce que cet accident les gênait. Aucun regard, aucune attention, juste leur nombril.

J’ai vu les voitures qui avaient assisté à l’accident, s’en aller sans s’arrêter. Aucune compassion, aucune notion de secours, juste leur propre intérêt.

J’ai vu les occupants des maisons qui bordaient la route se mettre à leur fenêtre. Aucune intervention de leur part pour secourir ou amener une couverture. Rien.

J’étais abasourdie de cette indifférence alors que quatre personnes étaient sur un bas-côté, choquées, blessées et où une femme pleurait. Et de notre côté, la conductrice était bloquée dans sa voiture en plein soleil, le passager était en sang et une jeune fille gémissait.

Je me suis dit : » Comment peut-on faire cela ? S’il leur arrivait la même chose, est-ce que ces gens apprécieraient qu’on les laisse seuls sans s’occuper d’eux ? ».

Remettre l’humain au centre c’est avant tout se porter de la considération. Pas une considération égoïste où l’on se regarde le nombril mais un amour tendre et compassionné où l’on est ensuite capable de considérer l’autre et de lui offrir la même chose.

On ne peut pas parler d’amour ou de compassion, ni d’ouverture du coeur si nous ne l’avons pas expérimenté nous-mêmes. Et ouvrir son coeur demande beaucoup de lâcher-prise. Plus nous lâchons le contrôle et la maîtrise, plus nous ouvrons un espace nouveau où de nouvelles expériences sont possibles.

Avant de remettre l’humain au centre, regardons où nous nous situons et ce que ça signifie pour nous, en tant qu’individu. Que faisons-nous de notre centre et de notre humanité ?

Parce que, si nous parlons de belles choses ou écrivons de jolis mots pour ensuite passer notre chemin à côté d’un être en souffrance, c’est que nous n’avons rien expérimenté et que nous restons dans la superficialité pour nous donner bonne conscience.

Tous les jours, nous pouvons être présent à nous-même. Comment le sommes-nous ? Que faisons-nous de tout ce temps dont nous disposons pour développer cette relation d’amour envers l’être que nous sommes ? Et qu’offrons-nous aux autres, réellement ?

Je vous laisse réfléchir à ces questions et je vous souhaite une très belle journée.

Harmonieusement vôtre,