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Prendre de la distance pour voir plus clair

 

Voilà plus d’une semaine que je ne vais plus sur les réseaux sociaux. Plus de Linkedin, plus de Twitter et plus de Facebook.
Les effets ont été immédiats : je ressens plus de paix, plus d’équilibre et de clarté d’esprit.

J’ai ressenti le besoin de prendre trois semaines de retraite de méditation, chez moi. Juste mon quotidien et l’animation des ateliers « coeur de femme » près de Mâcon.
Un besoin de travelling arrière, de retour aux sources, là où j’étais avant tout cela, hors de cet étalage d’ego, de dépendance entretenue et de manipulation émotionnelle.

Comme toutes les expériences que j’ai faites, je suis allée jusqu’au bout.
Jusqu’au bout de la surenchère, des formations, des accompagnements, des processus et des protocoles d’un système entrepreneurial qui déborde de partout.
En prenant de la distance aujourd’hui, je me rends compte de toute l’agitation que ce système génère.
Je suis heureuse de ne pas être la propriétaire d’un smartphone qui maintient encore plus fort cette dépendance addictive où le mental est toujours agité, où la fatigue s’accumule et où les émotions partent dans tous les sens.

Une agitation mentale et émotionnelle qui crée de la confusion, de la dispersion et beaucoup de mal-être intérieur.
Pourquoi ? Parce que l’on ne sait plus lâcher et que l’on se nourrit de n’importe quoi ou de n’importe qui. On gobe tout et de plein fouet.

Si vous ne faites pas ceci comme cela, vous n’arriverez à rien.
Si vous procrastinez c’est mal.
Si vous restez dans votre zone de confort, c’est mal.
Si vous ne faites pas une fin de mois avec 5 chiffres, c’est que vous avez une mauvaise relation à l’argent.
Si vous ne ciblez pas, ne fidélisez pas, ne marketez pas, vous n’y arriverez jamais.
Si vous ne vous inspirez pas du grand gourou canadien ou américain et que vous êtes au raz des pâquerettes, c’est de votre faute. Vous aviez qu’à vous bouger un peu plus.

Bref, je vous souhaite la bienvenue dans le monde merveilleux de la culpabilisation parce que, merde, enfin, ce n’est pas ce qui manque des trucs pour arriver à être heureux !

Tout y passe : les neurosciences qui résolvent tous vos problèmes, la spiritualité où l’on vous tire les cartes, où l’on vous parle de vos anges gardiens, où l’on parle avec vos morts, le manque de confiance en soi parce que c’est forcément pour çà que vous ratez tout et même la méditation qui vous apporte le bonheur ultime alors que méditer c’est bien plus que çà. Mais bon…

Un monde où les egos s’entrechoquent à savoir qui va faire le plus de bruit pour se faire remarquer. Tout est récupéré pour faire vendre au point où l’on vous revendrait votre père ou votre mère. L’essentiel, c’est que vous achetiez pour faire marcher le tiroir caisse.
Avec, bien entendu, la plus grande empathie commerciale, cela va de soi.

Plus rien n’a de sens puisque tout est dénaturé.

J’ai senti le point de rupture arriver. Je sentais beaucoup de souffrance autour de moi et aussi de la colère en moi.
Mais la colère, ce n’est pas bien, ce n’est pas beau, il ne faut pas que ça existe.
Plusieurs personnes ne comprenaient pas que je sois en colère. Pourtant c’est une émotion bien humaine, non ?
On m’a dit que c’était mieux de parler d’amour et le langage du coeur.
Ben oui, ça fait mieux et ça aussi ça fait vendre.

Pourtant, j’ai choisi de m’arrêter sur cette colère, de l’accueillir pour qu’elle me dise le message qu’elle venait me transmettre. Rien de tels que la pause, le retrait et le silence pour cela.
J’ai vu très vite que je n’étais plus sur la voie dans laquelle je m’étais engagée. J’étais repartie dans l’agitation du mental, le stress du corps et le jeu de l’ego.
Toute cette agitation médiatique sur les réseaux sociaux, c’est l’ego.
MOI MOI MOI et encore MOI.

Toutes ces soi-disant personnalités, coachs ou gourous qui brandissent à bout de bras et de show la méditation, le bien-être et qui se donnent en spectacle, c’est l’ego.
Cela rejoint ce qu’un Rinpoché nous disait lors d’un enseignement bouddhiste : même la méditation peut être récupérée par l’ego pour qu’on le remarque.

Le point de rupture est donc là. Je ne pouvais plus rester là-dedans et j’avais envie de vomir.
Je n’en pouvais plus d’entendre parler fric ou comment attirer ses clients, parce que, avant tout, derrière tout cela, il y a des êtres humains.
Et ces êtres humains sont tellement perdus et en souffrance qu’ils sont sensibles à tous ces marchands de rêves et de bonheur.
Voilà ce que j’avais envie de partager avec vous aujourd’hui.

Harmonieusement vôtre,