Changement de cap,  Être

Personne d’autre que toi ne peut faire la route à ta place

Des routes il y en a des tas.

Une route qui prend différentes formes au fil du temps, c’est normal aussi.

Aujourd’hui, je mets un point final à mon activité d’entrepreneure dans l’accompagnement de projet et dans tout ce qui concerne la responsabilisation de soi.

Pourquoi ? Pour plusieurs raisons que j’observe depuis quelques jours.

Entre le moment où j’ai commencé il y a plus de 20 ans et aujourd’hui, j’ai vu mon métier partir en lambeaux. De la joie et la passion de l’exercer, je suis passée à un raz-le-bol général parce que je ne peux plus le faire dans de bonnes conditions. Les structures d’accompagnement n’évoluent pas et font toujours un travail d’abattement pour toucher leurs budgets de fonctionnement et leurs primes de fin d’année sans se préoccuper vraiment de la personne. Et en libéral, les gens veulent du changement sans s’investir et sans faire d’efforts dans la durée. Ils veulent des solutions instantanées, des formations en ligne en croyant qu’avec un PDF ou des vidéos que tout va s’arranger ou bien ils foncent tête baissée dans le spirituel pour s’abrutir de recettes magiques et de tirages de cartes à gogo. Ce n’est donc plus possible pour moi d’accompagner les autres et je suis fatiguée de toute cette perte de sens qui se généralise de plus en plus.

Je me suis rendue compte que les gens me fatiguaient. Ils sont devenus trop compliqués et ne savent pas ce qu’ils veulent. Ils zappent en permanence, vont d’une personne à une autre ou d’une technique à une autre sans approfondir quoi que ce soit. J’ai envie de les laisser là-dedans, ça leur appartient et je n’ai pas envie de participer à cette cacophonie générale.

Depuis que j’ai repris ma pratique méditative de façon plus régulière, je me suis rendue compte de ce dans quoi je me suis perdue du fait d’être entrepreneure. Toute cette agitation des réseaux, cette façon de communiquer pour essayer de toucher les autres, pour racoler, cette sur-dimension de l’ego pour obtenir des likes, construire un tunnel de vente…. Bref, un tourbillon sans fin où les gens te flattent pour ensuite te claquer la porte au nez et où les relations n’en sont pas vraiment, juste par intérêt. J’ai donc pris conscience de ce chemin de désillusions.

Je ne suis pas triste, bien au contraire parce que c’est en voyant tout cela que j’ai pu prendre ma décision. Même si ça fiche des claques sur le coup et que c’est inconfortable, cela finit par s’estomper avec le temps pour ensuite révéler certaines réalités.

Je quitte mon métier avec joie. Je le quitte maintenant avant de le détester. Je le quitte en remerciant toute cette partie de vie où j’ai vécu de merveilleux moments avec lui car il a apporté beaucoup de bonheur dans la vie de nombreuses personnes. Ce métier m’a permis de rencontrer des vrai(e)s ami(e)s et de belles personnes auprès de qui j’ai appris, auprès de qui j’ai grandi, que ce soit des enseignants ou celles que j’ai accompagnées.

Aujourd’hui, je suis ramenée au moins. A faire et à être avec moins sans savoir quelle forme cela va prendre. Je n’ai aucune visibilité sur ce qui va arriver et je laisse faire.

Personne d’autre que moi ne peux faire la route à ma place

Continuer la route, c’est parfois tout recommencer ailleurs, autrement sans forcément faire de grandes choses. Je suis ramenée en ce moment à mon environnement, à la t(T)erre. J’installe le bambou dans son bac dans la cour. Nous mettons en place des carrés potagers. Nous trions et nous nous débarrassons de ce qui ne sert plus à rien. Nous faisons du vide mon mari et moi pour accueillir un nouvel espace de vie où la quantité n’est plus importante. C’est la qualité qui prime quitte à faire avec moins.

J’ai envie de fabriquer mes produits ménagers et d’hygiène. Je revois ma façon de consommer, de manger, de vivre. Tout simplement parce que je prends conscience que les ressources de la Terre se raréfient et que nous en sommes tous responsables. Alors je ne culpabilise pas. Je revois juste à mon niveau ce que je peux faire pour prendre soin de cette planète qui m’accueille et sans qui je ne suis rien.

La responsabilisation de soi elle est là, elle passe par moi et si d’autres ne veulent pas se réveiller, cela les regarde, je n’ai plus envie de m’en occuper. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas dire que nous ne savons pas.

Alors voilà… Je ne sais pas encore ce que va devenir ce site et quelle forme il va prendre lui aussi. Je sais que je vais continuer à y écrire comme je le ressens.

Je te souhaite une belle journée