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L’infantilisme conduit à la colère

 

Je suis en Charente-Maritime depuis la première semaine de juin. Ma fille a été hospitalisée. Elle est sortie mais je reste avec elle pour l’aider à passer un cap.

Je ne dis pas cela pour que vous me plaigniez mais parce que, dans cette expérience, j’observe le monde médical qui fait ses petits trucs dans son coin et nous, ils nous laissent totalement dans la nébuleuse.

Ma fille m’a dit être dans une émotion de colère et elle éprouve de la tristesse aussi. Je lui ai répondu que je comprenais.

Comment ne pas éprouver de la colère et de la tristesse quand on n’a aucune visibilité sur son présent et son avenir à l’aube de ses trente ans ?

C’est normal d’être en colère quand personne ne vous parle et ne vous considère pas comme un adulte capable d’entendre, de comprendre et de mettre en place sa propre vie.

 

Je retrouve souvent cela en communication relationnelle que ce soit au sein du couple, de la famille, de la vie sociale et professionnelle.

On dirait que les gens croient que l’on peut lire dans leurs pensées, que c’est évident pour eux. Et c’est tellement évident pour eux que ça doit être évident pour les autres.

Et bien non, ça ne fonctionne pas comme cela. Si vous n’êtes pas clair(e) dans vos idées et si vous n’exposez pas vos idées ou votre opinion à la personne concernée, celle-ci ne peut pas deviner ce que vous pensez ou ce que vous ressentez.

Le pire là-dedans, c’est que vous allez continuer à enquiquiner le monde alors que le problème vient de vous. Mise à part faire des reproches ou alors vous taire, vous ne donnez pas à l’autre la possibilité de vous rencontrer et d’avancer.

Vous ne lui donnez pas la possibilité de prendre des décisions constructives. Vous ne le traitez pas comme une personne responsable et vous l’infantilisez.

Et vous allez déclencher de la colère non seulement chez vous mais aussi chez cette personne.

 

Il y a aussi ceux et celles qui ne posent pas de questions pour savoir. Soit ils ont peur de paraître ridicules, soit ils fuient et ne veulent pas savoir.

Et ces personnes mettent en place elles-mêmes leur propre souffrance émotionnelle. Pour les premières, elles alimentent de la culpabilité, du remords et de l’impuissance. Pour les secondes, elles génèrent du stress, de la colère et beaucoup de violence autant interne qu’externe.

Il leur faut souvent une aide extérieure pour se rendre compte de ce qu’elles ont mis en place et pour en sortir.

Sinon, elles restent enfermées dans leur « soi-disant vérité » et elles se plantent royalement. Elles finissent par s’enliser dans une boucle qui s’alimente de ruminations et de croyances malsaines.

J’ai envie de vous dire que si vous êtes malade, vous avez le droit de savoir ce que l’on fait avec votre corps et que l’on vous dise les choses.

Vous serez ainsi en mesure de choisir pour vous en fonction de ce que vous allez entendre. C’est votre liberté d’être. Elle vous appartient.

Vous n’êtes ni un mouton, ni un cobaye.

 

Il en va de même si on veut vous changer de poste ou vous virer, si votre conjoint prend une décision sans vous demander votre avis ou si vous sentez que l’on vous cache quelque chose.

Il est de votre responsabilité d’obtenir des réponses en ce qui concerne votre vie et ce qui vous touche de près.

Ce ne sont pas les autres qui sont responsables de votre état puisque c’est vous qui installez cette situation en fuyant ou en faisant silence.

Rien n’est là par hasard. Rien ne vient du dehors.

Prenez votre place et assumez votre vie. Il n’y a que vous pour la mener au mieux.