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Le lâcher-prise ne se décide pas

La semaine sur le lâcher-prise est écoulée, du moins sur le groupe Facebook.
Parce qu’en fait, chez moi, il est à l’oeuvre.

Et il ne me demande pas mon avis donc je le laisse faire son petit bonhomme de chemin pour voir ce qu’il va m’offrir.

Le lâcher-prise est à la mode comme beaucoup de choses. Et je lis souvent que c’est chouette et facile comme si, en claquant des doigts, pafff…. ça y est j’ai lâché prise 🙂

Le lâcher-prise, ça ne se décide pas. Il s’invite bien souvent dans votre vie au moment où vous vous y attendez le moins, sur un point bien particulier, là où vous n’avez pas forcément envie qu’il aille.
Et pourtant, c’est bien là qu’il vient pointer le bout de son nez pour vous montrer qu’il est temps de lâcher votre contrôle permanent sur une situation qui ne sert plus à rien.
Il peut prendre plusieurs formes comme une dépression, une maladie grave ou invalidante, un accident sérieux ou un clash qui fait l’effet d’une bombe. Et il vient vous faucher et vous tirer le tapis sous les pieds sans vous prévenir.

Pourtant, il vous a fait des signes. De la fatigue voire de l’épuisement, un agacement récurrent, une absence d’envie, de la colère qui revient souvent sur le même sujet…
Mais comme c’est très volatile et que vous vous êtes dit que ça allait passer, vous arrivez à le mettre de côté. Souvent.
C’est un peu comme un petit tas de poussière que l’on repousse dans un coin où l’on rajoute à nouveau un autre petit tas de poussière. Tant que l’on peut fermer la porte du placard, tout va bien.
Sauf le jour où vous l’avez à nouveau fermée et que le placard trop plein déborde. La porte s’ouvre violemment et toute la poussière envahit votre maison.
C’est çà le lâcher-prise.

Vous ne voulez pas voir ?
vous ne voulez pas entendre ?
Vous ne voulez pas comprendre ?

Il va vous le dire autrement et surtout violemment.

Le lâcher-prise arrive ainsi parce que vous ne vous écoutez pas suffisamment ou pas du tout.

Le monde dans lequel on vit incite les gens à s’éparpiller, à s’agiter et à se noyer dans des tas de trucs qui les rendent dociles. Il n’incite pas à réfléchir par soi-même ni à prendre le temps.
L’être humain passe de plus en plus par des machines et des écrans pour fonctionner.
Oui, c’est bien cela. L’être humain fonctionne, il ne vit plus. Il ne regarde plus. Il n’entend plus. Il ne se pose plus. Il fonctionne au rythme du monde sans chercher à comprendre son propre monde intérieur et à en respecter le rythme.

Le lâcher-prise a donc tout pour apparaître et nous faire exploser dans tous les sens. Il intervient pour nous ramener à l’essentiel : nous, notre corps, notre existence et la simplicité à la vivre.

En ce moment il me rattrape aussi mais moins violemment parce que je l’ai entendu venir de loin. Cela n’empêche pas le processus de se faire et je ne peux pas l’en empêcher sauf si je veux continuer à contrôler et à rester dans quelque chose de difficile et de souffrant.
Ce que je ne souhaite plus pour moi. C’est l’engagement que j’ai pris.

Je vous invite donc à regarder tous les endroits où vous restez encore accroché(e) et à vous demander à quoi cela vous sert.

Belle journée à vous

Photo by Yusuf Evli on Unsplash