Accompagner,  Être

La médiumnité est une chose, l’accompagnement en est une autre

Dans ce que je vis au quotidien avec la médiumnité c’est l’éclairage, l’orientation et du direct live qui parfois, je vous l’avoue, me fatigue un peu. Ce n’est pas comme une personne qui me contacte et va vivre cela dans un instant précis et ensuite retourner à sa vie tranquille (ou pas). Pour moi, je ne choisis pas les moments où ça va se présenter et il y a des fois où cela me surprend en plein vol. Mais bon.

Dans un article précédent, je vous parlais de l’Ere du Verseau, cette période New Age où des tas de gourous vont apparaître et vous vendre des choses plus extraordinaires les unes que les autres. Il est bon de savoir aussi que dans cette jungle ésotérique, il y aura aussi de bonnes et belles personnes. Ne mélangeons pas tout. Et là-dedans vous allez devoir aussi prendre un temps de réflexion pour savoir qui vous avez réellement envie d’avoir en face de vous.

En ce moment, tout le monde accompagne tout le monde parce qu’il/elle a vécu un passage de vie et que, comme il/elle sait par où il/elle est passé(e), il/elle sait aussi ce que vous allez traverser. Sauf que vous, vous n’êtes pas lui ou elle.

Les gens s’intitulent « coach » parce que c’est à la mode mais ne se sont pas forcément formés à cela. Et ce n’est pas parce que vous sortez d’une formation que vous savez tout mieux que les autres. L’expérience de vie et du métier est importante aussi.

Il y a aussi ceux qui accompagnent sans s’être formés tout simplement parce que leurs potes ou leurs meilleures copines leur ont dit que ça leur avait super fait du bien et que depuis tout va mieux. Là encore, cela ne fait pas forcément d’eux de bons accompagnants.

Et puis, depuis quelques années maintenant, il y a les porteurs de titres comme « sorcière », « chaman », « médium » (eh oui, aussi), « guérisseuse » et autre tutti quanti du magique et du quantique, qui, parce qu’ils ont lu des bouquins, vu une conférence, fait une formation ou qu’on leur a tout simplement dit qu’ils portaient un talent surnaturel, se mettent à accompagner les autres sans s’être aussi formés d’ailleurs.

Il y en a pour tout le monde si vous voulez créer un site web, développer votre chiffre d’affaire, réparer votre couple, trouver l’amour etc…

Pourtant, être médium c’est une chose et accompagner en est une autre. Et vous pouvez être tout ce que vous voulez, vous donner tous les titres qui mettent des paillettes dans les yeux, si vous n’avez pas la fibre de l’accompagnement et si vous ne connaissez pas ce métier, cela risque de faire un peu juste. Sauf pour ceux et celles qui vous mettent sur un piédestal parce qu’ils vous vénèrent. Malheureusement, la fascination fait encore beaucoup de dégâts de nos jours.

J’ai pris le risque de me faire accompagner par des personnes sur le web qui avaient une certaine renommée et j’avoue que, derrière leurs titres et leurs slogans, je n’ai rien vu de magique et dans leur présence, et dans les résultats. Je suis bien obligée de faire un certain bilan. Alors oui, bien sûr, vous pourrez me dire que je n’étais peut-être pas prête ou que ce n’était pas les bonnes personnes, ou que je critique pour ne rien dire, ou ce que vous voulez. Je fais juste un bilan : le titre pompeux ne fait pas l’accompagnement. Voilà pourquoi j’ai tout arrêté pour elles, pour moi et que je me suis coupée de tout çà. En plus d’autres personnes, je les remercie à la fin de l’article.

C’est joli de mettre médium ou sorcière ou chaman. Moi-même je l’ai fait. Cela attire toutes les personnes en recherche d’extraordinaire et qui croient que, rien qu’avec cela, elles vont passer à la vitesse lumière.

C’est sympa de parler de l’invisible, de quantique, de neurosciences et du reste parce que vous avez l’impression que vous entrez dans un monde d’élus avec une compréhension pointue qui vous met un peu (beaucoup surtout pour l’ego) au-dessus des autres et vous confère un pouvoir que vous n’avez pas mais que vous êtes convaincu(e) d’avoir.

Je vous parle de tout çà parce que je regarde aussi chez moi ce que ça procure.

Mais…. et l’accompagnement dans tout çà ? Et bien… souvent…. derrière tout çà… l’accompagnement est quasi inexistant mis à part un protocole bien construit ou bâclé et où on peut aussi vous faire croire que, rien que par votre seule présence, sans vous dire un mot ou alors très peu, tout va se libérer. Bienvenue dans le monde de la pensée magique, vous venez d’y entrer en y croyant dur comme fer. Et ça marche ! Si si, je vous l’assure, il y a plein de gens qui tombent dans le panneau et qui s’illusionnent, qui vont vraiment vous dire que ça a tout révolutionné dans leur vie !

Mais qui se forme vraiment à l’accompagnement dans tous ces vendeurs de rêves ? Qui va non seulement se former mais se remettre en question régulièrement sur sa pratique auprès de ses pairs ? Très peu, je les cherche.

Parce que, se remettre en question auprès de ses pairs et entendre :  » Là, tu déconnes un peu ou sérieusement « , ça pique l’ego. Il n’aime pas çà du tout, mais pas du tout. Ces mêmes personnes vont d’ailleurs vous parler de l’ego comme si elles ne se sentaient pas concernées. L’ego des autres oui. Le leur, ce n’est pas la même chose. On ne mélange pas les torchons et les serviettes.

En cette période de transition, de repli et de silence où le corps m’invite à faire le strict minimum, j’ai regardé tout çà. Je suis allée du côté de l’ego, le mien et ça m’a fait du bien.

J’ai ressenti le besoin d’enlever tout ce côté magique pour voir ce qui reste en moi. Et c’est là que l’accompagnement est venu me faire un clin d’oeil.

Oui, c’est joli tout çà, ta médiumnité Patricia. C’est là depuis longtemps et tu n’as jamais ressenti le besoin d’en faire tout un fromage alors pourquoi maintenant ? Parce que c’est à la mode ? Mais ton métier d’accompagnement, tu en fais quoi ? Tu oublies que tu t’es formée pour cela !

Et cela me revient en force dans la figure parce qu’en ce moment, ma fille prend aussi cette voie, même si c’est sous une autre forme. Grâce à cette nouvelle orientation pour elle, je me suis entendue lui parler de certaines choses concernant ce métier, parce que c’est un métier. Ce n’est pas une mode, c’est un vrai métier qui demande à se former pour en connaître l’éthique, les phénomènes de transferts, comment les gérer et les utiliser pour guider cet autre qui nous fait confiance et qui n’est pas là pour qu’on le conserve afin de remplir notre tiroir-caisse.

C’est un travail de respect de l’individu. Un vrai travail d’amour de l’autre où la confiance doit être pleine pour pouvoir entreprendre une réelle transformation de vie, quelle qu’elle soit.

Je me suis donc souvenue de mon parcours professionnel auprès des personnes en recherche d’emploi, auprès de jeunes adultes en découverte de l’entreprise, auprès de travailleurs handicapés dans leur vie au quotidien, auprès d’hommes dans un chantier d’insertion pour retrouver confiance et estime de soi, auprès de femmes qui ont besoin de bosser pour joindre les deux bouts, de salariés qui se retrouvent d’un seul coup sans job à cause d’un licenciement et qu’il faut soutenir dans cette épreuve pour les re-dynamiser, auprès de parents en difficulté de communication auprès de leurs enfants, auprès de mamans dans une cité qui avaient besoin d’apprendre à créer et à mettre un peu de baume au coeur dans leur vie, auprès de personnes en souffrance et aussi en fin de vie.

L’accompagnement est un métier chargé d’émotions, de rires, de larmes, de colères, d’apaisement. Vous ne pouvez pas rester insensible face à l’autre, face à cette personne qui compte sur vous pour avancer. Jamais je ne me suis dit que j’allais sauver parce que, lorsque j’ai commencé ce métier, je me souviens encore de mon patron qui m’a dit : « Patricia, ce métier est frustrant parce que tu ne sais jamais quel résultat va donner ton travail. C’est un métier où tu n’obtiens pas de reconnaissance. Tu fais ce que tu as à faire et ensuite, c’est à l’autre que ça appartient. Parfois il en fait quelque chose ou pas. Et puis parfois, au bout de 10 ans, tu peux recroiser une personne qui va te donner des nouvelles et te remercier pour le mot ou le geste que tu as eu à un moment sans que tu t’en souviennes. Parce que ça a changé sa vie. C’est un métier où tu n’as aucune prise et où tu dois prendre soin de toi pour ne pas le faire à travers les autres. »

Merci Jean-Pascal pour ces paroles qui m’ont accueillie dans ce métier dès le début et qui sont toujours là. Parce qu’elles sont vraies. Parce que je les vis à chaque accompagnement et à chaque rencontre :

  • Laisser à l’autre le libre choix de faire ou ne pas faire et accepter sans chercher à récupérer quoi que ce soit.
  • Être présente et savoir s’investir sans partir dans l’autre.
  • Lui amener des pistes, un autre regard, le bousculer parfois pour le sortir de sa vision étriquée sans avoir peur de me faire manger et savoir recevoir l’autre dans son émotionnel même s’il est dérangeant, lui laisser l’espace qu’il ne se donne pas, rebondir,
  • Proposer d’autres solutions que celles dans lesquelles il est enfermé et laisser le temps au temps même si ça doit prendre des mois ou des années.
  • Ne pas amener de processus mais le vivre avec l’autre car il est à chaque fois différent.
  • Regarder cet être s’éveiller, se redresser, sourire à nouveau, grandir et partir. Ne pas s’y attacher. Ne pas vouloir le retenir.
  • Le laisser vivre son expérience même si l’on sait que ça va être difficile.
  • Être là, avec humilité et remercier à chaque fois cet autre d’être passé dans ma vie parce que, lui aussi, m’a permis à nouveau d’apprendre et d’évoluer.

Voilà l’amour que j’ai pour mon métier et voilà ce qui en reste aujourd’hui en moi, en-dehors du « magique ».

Parce que, pour être bien accompagné(e), vous n’avez pas besoin d’un médium, d’un gourou quelconque ou d’être fasciné(e) par une personne qui porte des titres pompeux et ésotériques. Vous n’avez pas besoin de quantique, de neurosciences, de tirages de cartes, de soins à distance généraliste de la semaine…

Vous avez juste besoin d’un bon accompagnant formé à son corps de métier dans le domaine qu’il a choisi, qui le connait sur le bout des doigts et qui le fait avec simplicité.

Belle journée à vous

PS : Merci infiniment à Florence pour m’avoir dit que j’étais vraiment dans l’accompagnement. Merci aussi à tous les gourous du web et tout ce magique qui circule partout pour m’avoir permis de me resituer dans toute cette jungle. Sans l’extérieur, il est difficile d’être renvoyé à soi-même. Merci à celles qui m’ont accompagnée pour reconnaître mon réel métier à côté du leur. Merci à ma fille pour ce parcours qu’elle fait en ce moment et qui vient toucher chez moi des zones du passé tellement heureuses. Je lui souhaite autant de bonheur dans sa future activité.