Entreprendre,  Être

Gérer une équipe, ça peut être compliqué

Pas simple de gérer une équipe. Et encore moins simple quand cela se fait en virtuel et que vous ne voyez pas tout le monde. J’en fais l’expérience actuellement.

Peut-on satisfaire tout le monde ?

Pour avoir déjà géré une équipe en-dehors de celle-ci, je dirai NON. Même si l’on fait plusieurs réunions, il y aura toujours des personnes qui ne seront pas satisfaites de ce que vous allez décider, majorité ou pas. Il faut parfois trancher et poser une décision qui ne va pas faire plaisir.

Ce sera une décision prise après de multiples observations : des moyens que vous avez essayé mais qui ne fonctionnent pas, de l’épuisement dans des tâches que le restant de l’équipe ne voit pas (coordination, écoute, mise en place…) et tout le OFF qui est à côté dans votre vie, que vous ne partagez pas dans l’équipe puisque ça n’a rien à y faire.

De quoi devez-vous tenir compte ?

Dans ce que j’ai appris en amont, j’ai à tenir compte des différentes personnalités qui vont constituer le groupe. En fonction de ces personnalités, je vais mettre en mouvement ce qui leur correspond pour faire en sorte que ça fonctionne bien ensemble.

Certaines personnes seront introverties et auront besoin de temps pour s’exprimer.

D’autres auront envie de décider ou d’imposer leur façon de voir et de faire.

D’autres encore peuvent venir semer la zizanie.

Il y a à écouter les uns et les autres au sein de l’équipe mais aussi en-dehors car certaines personnes ne peuvent pas s’exprimer au-dedans. On explique, on rassure, on encourage….

Bref…. gérer une équipe demande à ne pas rebondir sur tout et à prendre de la distance pour ne pas se laisser embarquer dans tous ces fonctionnements humains qui se respectent.

Est-ce que l’on doit tout faire en équipe ?

Non, pas forcément, notamment quand vous êtes le chef d’orchestre de l’équipe. Vous avez aussi le droit de discuter en-dehors de l’équipe avec un des membres qui a une compétence que vous n’avez pas. Ou tout simplement pour avoir sa vision du dehors afin de réfléchir et de prendre certaines décisions.

Le mythe de l’équipe Bisounours se détériore petit à petit au fur-et-à-mesure que vous rencontrez la réalité. Au début, vous êtes géniale et à la fin, vous passez par tous les noms d’oiseaux et vous croulez sous les ressentiments personnels.

Comment ne pas se sentir coupable ?

Parce que oui, bien entendu, vous finissez par croire que vous n’avez pas fait ce qu’il aurait fallu faire. Et lorsque ça m’arrive, je prends un temps de pause et j’observe.

Pourquoi me sentirais-je coupable de ne pas avoir satisfait le besoin d’un membre de l’équipe ? Dois-je être au service d’une seule personne ou de plus vaste que çà ? Suis-je responsable de ce que perçoit l’autre et sa perception est-elle vraiment LA réalité ou SA réalité ?

En faisant la part des choses, je détricote la pelote et je ne me laisse pas emporter par ce qui ne m’appartient pas.

Peut-on travailler en équipe quand on est entrepreneure-solo ?

C’est là où ça va devenir intéressant parce que ça me rappelle exactement un enseignement reçu en méditation. J’ai compris et expérimenté aussi que l’Ego n’est jamais dérangé quand on médite seule dans son coin. Il est dans son petit confort et a sa façon de fonctionner. Il va donc vouloir rester dans ce nid douillet qui lui va bien.

Quand je suis allée méditer en groupe et que je me suis engagée dans ce groupe, j’ai fait l’expérience d’un tas d’émotions qui me dérangeaient parce que j’étais confrontée aux fonctionnements des autres. Là, ma petite vie tranquille s’arrêtait pour faire avec les autres et pas forcément de la façon que j’avais décidé.

Être entrepreneure-solo, c’est pareil. A force de bosser toute seule dans son coin et de ne pas se mélanger aux autres, vous finissez par ronronner dans un confort qui vous va bien mais finit par vous enfermer. Et là, intégrer une équipe ou un groupe va devenir confrontant mis-à-part si vous ne vous investissez pas vraiment. Alors forcément, ça bouge, ça tempête, ça dérange et la solution la plus facile, c’est d’en partir pour retourner à sa tranquillité. Je vous rassure, moi aussi, cela me passe par la tête.

Si vous saviez toutes les fois où j’ai voulu arrêter ce projet de magazine et ce travail en équipe, je ne les compte plus. Mais je sais que c’est plus simple de partir que de rester et de travailler sur moi et avec les autres. D’entrepreneure-solo en mode BUZZ hyper cool, j’accepte l’idée que je me suis engagée et que dans cet engagement, ça ne va pas être le monde des Bisounours.

Je sais que travailler sur soi, ce n’est pas juste parler d’un tas de trucs à la mode plus spirituels les uns que les autres (estime de soi, respect de soi, confiance en soi, alignement…). Ce truc-là est très facile à faire. L’incarner et le pratiquer dans son quotidien quand arrive la déferlante, c’est plus compliqué. Et c’est là que l’on vous demande de sortir du solo-ego-bidule-chouette.

Voilà. J’avais besoin d’écrire ces mots parce que je me disais ce matin encore que gérer une équipe, ce n’est pas simple. Par contre, c’est enrichissant quand on arrive à passer au-dessus de ses fonctionnements habituels pour s’ouvrir à un espace plus grand qui vous met en pleine tronche le mot TOLERANCE et là où vous en êtes. Je vais prendre le temps de méditer là-dessus pour continuer le chemin.

Belle journée à vous,